Nous vous raconterons ci dessous, avec toutes ses anecdotes, une histoire
vraie qui a marqué toute la région et qui nous tient beaucoup à coeur, c'est l'histoire de mon ancêtre, cheikh Aissa ben M'hamed ben HAMROUR , qui a participé à cette
insurrection de 1871 , en nous laissons une petite emprunte au passage , je ne dispose pas de tout les éléments , mais nous avons pu reconstituer quelques faits grâce aux récits anciens ,
oraux , documents et divers recoupements.
C’est juste un hommage à mon
ancêtre
Cheikh Aziz, fils de cheikh el HADDAD avait choisit pour le représenter dans la circonscription de
Djidjelli , Salah ben Chater et Saleh ben Bouchama , de la tribu des beni amrane djebalah et le nommé Braham BOUSSOUFA (actuellement
HARBI) , ancien cheikh des ouleds m'hamed , ce dernier nomma parmi ses suppléants et adjoints directes, un certain cheikh Aissa ben M'hamed ben HAMROUR , natif des ouleds
m'hamed
La Fuite Du
Cheikh
D'après les sources orales et les récits rapportés par les anciens , juste après les événements de 1871 qui secouèrent toute la région , et la reddition pratiquement de
toutes les tribus ayant participé à cette insurrection , cheikh Aissa ben m'hamed s'échappa avec d'autres insurgés et devant coûte que coûte se soustraire aux griffes des militaires français , se cacha pendant une période
approximative de deux (02) années ! Dans une grotte située au lieu dit « DAR RAIS » ,
difficilement accessible (actuellement connue sous le nom de GHAR FTIMA, en hommage à la fille du cheikh) , dans la région des ouleds m’hamed (el aouana) et que très peu de gens
connaissaient à l'époque , une grotte surplombant un ensemble de collines escarpées, plongeant elles mêmes dans la mère, dans une magnèfique
fusion de lumière , d'eau , et de verdure , et constituant un point d'accès stratégique
La femme du cheikh ,
SAADANA (Née SADAT) , une
femme d’un courage exceptionnel , d’une énergie indomptable , une femme de l’ombre et de résistance , et F'tima , une de ses jeunes filles ,
très jeune , qui avait approximativement 10 ans à cette époque , connaissaient bien la cache du cheikh , discrètement , malgré les menaces
et le danger permanents , elles lui rendirent régulièrement visite dans sa grotte et le quittèrent généralement très tôt , réduisant ainsi tout soupçon, avec
indéniablement la complicité de certains proches de la famille , SAADANA et F''tima s'occupèrent du cheikh pendant toute cette période et gérèrent bien la situation
(ravitaillement, nourriture, soins , informations etc...), elles rencontraient souvent sur leur parcours des militaires français , sillonnant la région , à sa recherche
(cheikh) , activement recherché avec d'autres prévenus en fuite , ils les interrogèrent souvent , essayant de leur soustraire en vain des informations , l’épouse du cheikh et sa jeune
fille très habiles , l’informèrent à chaque occasion de tout se qui se passait
Mise Sous Séquestre des
Biens
La mise sous séquestre des terres et des biens débuta aussitôt dans toute la région, avant même le début du procès des 213 prévenus ayant participé àcette
insurrection , le nom de chacun des accusés est d'abord cité, en précisant si la personne est en fuite ou détenue (soit 136 détenus, 6 sans mention, les autres en fuite, parmi eux cheikh
aissa) , parallèlement à cela , le frère cadet du cheikh , Ali ben M'hamed HAMROUR , qui était marié à la fille de cheikh Braham BOUSSOUFA (chef de l'insurrection au niveau de la région) ,
changea volontairement le nom de son frère - on ne sait par quelles prouesses - vis à vis de l'administration
coloniale , il devint officiellement par jugement , Aissa ben M'hamed BOUREDJI
, lui évitant ainsi la mise sous séquestre
d’une partie de ses terres et de ses biens , Nous ne possédons pas
assez d’éléments sur les références et les lieux exacts, mais nous confirmons qu’une partie des terres et des biens du cheikh fut mise sous séquestre juste après sa fuite en
1871
Reddition du Cheikh
Cheikh Aissa ben M'hamed était vraisemblablement cité parmi les personnes en fuite lors du procès en appel du 21 septembre 1872, sa
reddition aux autorités militaires françaises fut peut être vers 1873 ou 1874 ! Comme celle de beaucoup d’autres prévenus en fuite, reddition faite dans
des circonstances que nous ignorons (d’après les récits anciens oraux, c’est avec l'aide de son frère cadet Ali ben Hamrour et de certains caïds de la région,
moyennant suremment certains arrangements et garanties) , Cheikh Aissa fut jugé entre autre pour avoir participé
à l'insurrection de 1871, (chefs d’inculpation inconnus et les recherches continuent) , il fut incarcérer d’après les récits anciens et les sources
orales , pendant une période de sept (07) années dans une prison près de Batna (ex Lambèse,
actuellement Tazoult
Pendant
Les Années D'emprisonnement
Pendant toute cette période , les siens (sa famille et toute la tribu) considéraient que le cheikh , juste après sa reddition eut le même sort que cheikh Braham Boussoufa , son chef insurrectionnel, jugé et exécuté sommairement par l’administration
militaire française juste après les événements , les siens n’envisagerent à aucun moment son
incarcération, alors que le cheikh croupissait dans une prison , pour sa famille , son sort était déjà
scellé
En Guise de Deuil
Selon les récits oraux anciens , pendant toute cette période , et en guise de deuil , son frère cadet Ali , porta sur lui ,
un "chach" sur lequel il tressa et rajouta un noeud , chaque année passée et d'absence , espérant toujours un retour imminent de son frère ainé , il garda ce chach
pendant toute cette longue période et ne s'en débarrassa que lorsque celui ci fut libéré et retourna parmi les siens , à mechta
bouyacoub
Libération Du Cheikh
La libération de cheikh Aissa
ben m'hamed et de ses compagnons , vers 1880 ou 1881 , fut un événement sans précèdent dans toute la région (el aouana , benifoughal ,
tababort, etc..) , de mechta en mechta , de douar en douar de différentes tribus , on annonça la libération de plusieurs ex prévenus , parmi eux cheikh Aissa , l'information circulait
tellement bien et fort qu'elle parvint au niveau des Ouleds M'hamed rapidement mais sans précision aucune , ce fut une surprise ,
l'étonnement général , voire une stupéfaction pour beaucoup de tribus ayant perdus les siens , au moment ou on les croyait mort ,
exécutés , ce n'était pas facile d'y croire après des années d'absence et de disparition , A leur sortie de prison , le cheikh et ses compagnons de différentes tribus empruntèrent divers itinéraires, pour sa part le cheikh
passa ,selon les recits anciens vraisemblablement par mila ---à taher -à texenna -à hauteur de hamza (sud de oued kissir) , essayant surtout de rejoindre la tribu
des beni yahmed (el Awarta) au sud d'el aouana , ou résidaient ses beaux parents , son arrivée était signalée à chaque halte , de arch en arch , de mechta en mechta , le
cheikh et ses compagnons furent accueillis en grandes pompes et en héros , ils furent convenablement pris en charge et on célébrait à titre exceptionnel une grande
cérémonie en leur honneur
"La Fête Au Village"
Quand cheikh Aissa arriva chez les ouleds saad , fraction appartenant au cercle d'el aouana , limitrophe avec celle des ouleds m’hamed , et qui fut son avant dernière destination, l'information se confirma , les habitants des trois Mechtas étaient tous en liesse , mechta
Bouyacoub (à laquelle appartenait le cheikh) , mechta Haddad et mechta Laquiba , les préparatifs commencèrent , d’après les récits anciens , quand
les gens eurent vent de son arrivée imminente, ils s'organisèrent en petits groupes , se mirent à battre du tambour et à chanter , ils allèrent
l'accueillir à mi-chemin, nous imaginons la joie de tous , de sa famille et en particulier celle du cheikh de retrouver les siens après une si
longue absence ,
...suite....
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